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L’accueil des migrants est nécessaire : trois facteurs économiques qui le prouvent

La solidarité des Allemands et des Autrichiens a touché l’opinion publique européenne au moment le plus délicat de la crise des migrants qui fuient la guerre en Syrie. La chancelière allemande Angela Merkel a été glorifiée comme la « maman » d’Europe pour avoir ouvert les frontières à cet afflux de population à la fois jeune et qualifiée. Les médias européens se sont faits emporter par l’émotion, sans aller confronter des données économiques très évidentes : la balance entre le coût de l’accueil des migrants et leur contribution au budget de plusieurs pays européens (entre autres l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne) est en notre faveur. La volonté d’accueillir les migrants dans une Allemagne vieillissante répond en effet à un pragmatisme de nature économique, qui devrait être pris en exemple dans plusieurs pays de l’Union. Les économistes ont depuis toujours considéré les flux migratoires comme uneopportunité de croissance. Chiffres à l’appui, on compte aujourd’hui au moins trois bonnes raisons de tirer profit de l’arrivée massive des migrants.

Les migrants constituent une force de travail pour payer les retraites en Europe.
Le rapport Ageing Europe 2015 de la Commission Européenne décrit l’inquiétante situation démographique du Vieux Continent. Il prévoit une réduction de la force de travail d’ici à 2060 de 19 millions d’unités, soit moins 8,2%. Ces chiffres sont encore plus élevés dans la zone euro, avec 14 millions de travailleurs en moins (-9,2%). Dans les pays en décroissance démographique (Allemagne, Italie, Espagne, mais aussi Pologne et Hongrie où le ressentiment anti-migrant est très fort) cela veut dire qu’il n’y aura pas assez de force de travail pour payer les services et les retraites pour la population de plus de 65 ans. En Allemagne, où la population devrait passer de 81 millions à 70,8 millions de personnes, on calcule que les dépenses publiques devront augmenter de 5%. Il n’y a pas de moyen plus efficace et rapide pour pallier ce problème que d’accueillir 800.000 demandeurs d’asile en 2015.

La balance coûts-bénéfices est positive.
En France, où les immigrés représentent un coût très élevé par rapport à d’autres pays européens, il faut tout de même prendre en compte que les immigrés de deuxième génération contribuent au budget de l’Etat à la hauteur de 20 milliards d’euros. En 2012, les immigrés représentaient un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques. Le Royaume-Uni en a sûrement moins besoin, au vu de sa situation démographique positive, mais il a construit sa récente fortune grâce à l’apport de travailleurs provenant des quatre coins du monde. En synthèse, les immigrés font gagner de l’argent au pays qui les accueille. En Italie, deux rapports de la fondation Leone Moressa montrent que la balance entre dépenses et bénéfices en termes d’impôts est positive de 3,9 milliards. L’Espagne dit non à une demande d’asile sur deux. Elle a tort : en 2011, un rapport de la banque La Caixa calcule un bénéfice net de 4,8 milliards d’euros.

Des bénéfices économiques pour les pays d’origine.
Historiquement, les phénomènes migratoires ont favorisé les échanges et ouvert les marchés, au niveau régional comme au niveau transcontinental. Une des critiques plus récurrentes des populations européennes contre les immigrés pointe du doigt le fait qu’une très grande partie de l’argent gagné par les nouveaux citoyens prend la route vers les pays d’origine. Cet argent, d’un point de vue politique, est très important : il est indispensable pour la reconstruction de ces territoires après les guerres qui les ont dévastés. Un grand nombre des réfugiés espèrent toujours retourner au pays. Ceci explique pourquoi au moins deux tiers des 4 millions des Syriens en fuite se sont arrêtés dans les pays frontaliers. Dans une perspective de longue durée, cela représente également de nouvelles opportunités d’échanges et de marchés pour les pays européens d’accueil.

Les pays du grand élargissement de 2004 ont été les plus récalcitrants contre l’accueil des immigrés, jusqu’à soulever des barrières (Hongrie) et à taper du poing contre la distribution des quotas (Slovaquie, Pologne, Pays Baltes). Leur situation démographique aura-t-elle empiré davantage quand ils se rendront compte de cette grave erreur ?

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